écrit par Maxime Haudeville

*****

Extinction Rebellion, un nouveau mouvement qui fait parler de lui

Aujourd’hui, dans notre rubrique écologique, nous allons vous présenter un mouvement qui fait beaucoup parler de lui depuis quelques temps. Vous le connaissez peut-être déjà, il s’agit d’Extinction Rebellion. Alors oui, nous direz-vous, un mouvement écologique de plus parmi tant d’autres, pourquoi parler de celui-là en particulier ? Eh bien vous verrez dans cet article que ses organisateurs prônent un mode d’action… bien particulier.


Qu’est-ce qu’Extinction Rebellion ?

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Extinction Rebellion (XR pour les intimes)est un mouvement écologiste mondial lancé en 2018 à Londres, au Royaume-Uni, qui a pour but de lutter contre l’inaction des gouvernements au sujet de l’écologie. Ses activistes revendiquent notamment quatre choses : la reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles et une communication honnête sur le sujet ; la réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025 ; l’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres ; et la création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs, et garante d’une transition juste et équitable. Enfin, les militants luttent contre ce qu’ils appellent la « culture dégénérative », c’est-à-dire le système destructeur dans lequel nous nous trouvons qui, selon eux, « nie la diversité et la complexité des êtres vivants sur Terre ». Ils prônent à la place la « culture régénératrice », c’est-à-dire ouverte, bienveillante. Pour eux, il ne reste que peu de temps pour faire changer les choses, comme l’indique leur sigle, qui évoque un cercle représentant la Terre, avec à l’intérieur un sablier représentant l’urgence qu’il y a à agir. Nicolas Eliades, l’une des figures du mouvement, nous dit : « Nous sommes sur la route de notre propre extinction, et si nous ne faisons rien aujourd’hui, il n’y aura pas de demain pour nous, pour nos enfants. [Il faut] prendre des responsabilités et faire changer les choses ». Et pour faire changer les choses, les activistes veulent créer une campagne de désobéissance civile massive.


La désobéissance civile, ultime recours face à la catastrophe ?

Les militants se veulent en « rébellion » contre « le gouvernement et les institutions corrompues qui menacent notre futur ». Et pour eux, le seul moyen de se faire entendre est de passer à l’acte. Aussi, Extinction Rebellion prône dans ses actions la désobéissance civile : c’est une forme de résistance passive qui consiste à refuser d’obéir aux lois ou aux jugements d’ordre civil. Son objectif est d’attirer l’attention sur les revendications du mouvement qui la pratique, et ses activistes sont souvent prêts à encourir les peines, dont l’emprisonnement, qui pourraient leur être infligées pour avoir enfreint la loi. De nombreuses actions de désobéissance civile ont eu lieu partout dans le monde, et parmi les plus connues on retrouve celles qu’a menées Gandhi en Inde, et qui ont abouti à l’indépendance de l’ancienne colonie britannique.

On pourrait donc se demander si cette méthode plutôt radicale est vraiment nécessaire pour arriver à un réel changement ; sans compter que les activistes ont des profils variés (il y a parfois des enfants dans les manifestations) et que certains pourraient réagir plus violemment que d’autres face à la police, comme c’est parfois le cas pour une manifestation classique. Mais il faut d’abord regarder en amont : en effet, chaque action est préparée minutieusement plusieurs jours à l’avance, et chaque activiste possède un rôle bien défini afin d’éviter que le chaos s’installe pendant les actions. Chacun sait qu’il peut se faire arrêter à tout moment et Roger Halam, l’un des fondateurs du mouvement, déclare : « Je ne risque rien, je défends le bien de l’humanité pour nous tous, et ce qui doit arriver arrivera. ». On peut aussi souligner le fait que ces méthodes ne sont pas toujours appréciées par certains citoyens qui estiment qu’elles perturbent leur vie quotidienne (embouteillages, arrêts des trams, etc.). Un activiste répond : « Nous ne voulons pas déranger les gens, nous savons qu’ils sont très occupés, mais nous pensons que les méthodes traditionnelles (pétitions, manifestations légales) n’ont pas fonctionné. L’action directe est notre dernière chance. »

Une méthode controversée, mais néanmoins efficace, puisqu’à Londres, le blocage des cinq principaux ponts de la ville par Extinction Rebellion a incité le parlement britannique à déclarer l’urgence climatique. Notons aussi que, comme nous allons le voir, ce mode d’action s’est peu à peu répandu à travers le monde.


De Londres au reste du monde

Originaire de la capitale britannique, Extinction Rebellion est maintenant présent dans 56 pays à travers le monde, notamment en Europe de l’Ouest. C’est suite au blocage des cinq principaux ponts de Londres en novembre 2018 que le mouvement explose à l’international. En France, les premiers rassemblements à Paris ont lieu en mars 2019, mais Extinction Rebellion est présent bien avant dans le pays, rassemblant jusqu’à 4000 membres sur les réseaux sociaux.

Dans les autres pays, c’est aussi après novembre 2018 que les premiers signes d’activité apparaissent. Ainsi, Extinction Rebellion a des antennes en Espagne, en Italie, en Pologne, en Russie, mais aussi au Brésil, au Canada, ou en Australie. L’expansion du mouvement se fait de plus en plus vite, et rassemble de plus en plus de monde, y compris certaines figures célèbres : ici, je ne parlerai pas de Greta Thunberg, mais d’acteurs connus, tels que William Defoe ou Emma Thompson. Ils représentent le mouvement dans leur pays respectif. Cela montre par ailleurs que même des figures importantes de notre société se battent pour la cause climatique ; et c’est grâce à la détermination d’une poignée de gens, qui ont réussi à mettre en place un véritable élan de désobéissance civile partout dans le monde, qu’aujourd’hui subsiste un peu d’espoir pour un changement de politique sur le climat.

*****

source : 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *