1/ L’affaire Griveaux, signe d’une dégradation du climat civique (France)

À première vue, c’est une tornade rapide et brutale qui a emporté la candidature de Benjamin Griveaux. Vendredi 14 février (le jour de la Saint-Valentin), l’ancien ministre doit renoncer à la mairie de Paris. « Personne, au fond, ne devrait jamais subir une telle violence », déclarait-il. Pourtant cette affaire a pris racine il y a deux ans. En mai 2018, Benjamin Griveaux était porte-parole du gouvernement. C’est à cette période qu’il aurait envoyé l’une des vidéos de son sexe à Alexandra de Taddeo. L’étudiante l’avait contacté quelques semaines avant pour parler de politique. Ils avaient ensuite eu une liaison. Benjamin Griveaux lui écrivait dans une messagerie spéciale avec disparition programmée des contenus intimes en 1 minute, mais la jeune femme les enregistrait. Avait-t-elle déjà l’intention de le piéger ? Pour l’instant, elle s’en défend. À l’été 2019, Benjamin Griveaux, marié et père de famille, est désormais candidat déclaré à la mairie de Paris. Alexandra de Taddeo devient la compagne de Piotr Pavlenski, activiste russe et réfugié politique à Paris. Ensemble, ils diffusent la vidéo. Benjamin Griveaux a porté plainte samedi 15 février 2020 pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » après la diffusion des vidéos à caractère sexuel ayant conduit à son retrait de la course à la mairie de Paris. Cette affaire inquiète juristes et philosophes, qui s’interrogent sur l’état de la vie politique et du lien social. De la maire de Paris Anne Hidalgo à la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, de l’extrême gauche à l’extrême droite, les réactions ont été nombreuses, condamnant l’atteinte à la vie privée qui a poussé le candidat LREM Benjamin Griveaux à se retirer de la course aux municipales dans la capitale. Ce dernier a porté plainte et une enquête est ouverte, a indiqué le parquet de Paris samedi 15 février. Mais au-delà des acteurs de la vie politique, cette affaire provoque une sidération et beaucoup d’inquiétude sur l’état de la démocratie et de la société elle-même. Frédérique Beaulieu avait été l’une des trois avocates de Dominique Strauss-Kahn poursuivi pour proxénétisme en 2015 et finalement relaxé. La portée de cette nouvelle affaire se résume pour elle à un verdict simple et sévère : « La vie privée n’existe plus ou, du moins, il n’y a plus frontière entre vie publique et vie privée. Cela concerne les politiques mais aussi toute la société ». Il est vrai que Benjamin Griveaux a été victime d’une action illégale, à savoir rendre public des messages privés. Ces messages privés révélaient une relation adultère. Comme Benjamin Griveaux avait lié son amour de Paris à son amour pour sa femme, il est possible d’affirmer que son infidélité interroge la bonne foi de sa campagne. Pourtant, personne n’a réclamé son retrait. Benjamin Griveaux a néanmoins choisi d’arrêter sa campagne électorale. Ce choix lui appartient, et il n’y a aucune raison de s’en servir pour justifier des lois sur la fin de l’anonymat sur les réseaux sociaux ou un autre type de contrôle qui n’existerait pas déjà dans la loi. Quant à ceux qui pensent que cet événement « menace la démocratie », il sera facile de leur répondre : « essayez la dictature, et vous verrez ». 

2/ Coronavirus : en Italie, en Corée du Sud, en Iran… La propagation s’accélère (Monde)

L’épidémie de pneumonie s’accélère à travers le globe. Au total, quelque 78 000 personnes ont été contaminées à travers le monde, dans une trentaine de pays et territoires. La Corée du Sud et l’Iran se retrouvent en première ligne, lundi 24 février, avec respectivement le plus grand nombre de cas de contamination et de morts en dehors de la Chine. En Europe, l’Italie déplore désormais cinq décès. Quatre pays — l’Irak, l’Afghanistan, le Koweït et Bahreïn — sont nouvellement touchés.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé lundi le monde à se préparer à une « éventuelle pandémie » du nouveau coronavirus, en jugeant « très préoccupante (…) l’augmentation soudaine » de nouveaux cas en Italie, en Corée du sud et en Iran.

Le coronavirus a tué 2 442 personnes et en a contaminé quelque 77 000 en Chine continentale, d’après le dernier bilan des autorités. C’est la plus grave urgence sanitaire qui frappe le pays depuis la fondation du régime communiste, a déclaré dimanche le président Xi Jinping, tout en reconnaissant des « lacunes » dans la réponse à l’épidémie.

Décision inédite depuis trois décennies, le régime a annoncé lundi le report de la session plénière de l’Assemblée nationale populaire, grand-messe du régime communiste, qui devait s’ouvrir (comme chaque année) le 5 mars. Une nouvelle date sera décidée ultérieurement, a précisé la télévision nationale. La Chine a également décidé lundi d’interdire « complètement » le commerce et la consommation d’animaux sauvages, une pratique suspectée dans la propagation.

La ville de Wuhan, foyer d’apparition placé de facto en quarantaine depuis le 23 janvier avec ses 11 millions d’habitants, a finalement renoncé lundi à alléger les mesures d’isolement.

3/ Attentat (Allemagne)

Il y a à peine moins d’un an, le 15 mars 2019, un homme armé jusqu’aux dents faisait irruption dans une mosquée de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, tirait aveuglément sur les fidèles réunis pour la prière du vendredi, puis répétait le même scénario dans une seconde mosquée, tuant au total 51 personnes, pour la plupart des immigrés. Le tueur, un Australien de 28 ans, se réclamait des thèses conspirationnistes et islamophobes d’extrême droite, dans lesquelles il avait abondamment puisé et qu’il avait répandues sur Internet. C’est de la même logique de haine raciste que se réclamait l’Allemand de 43 ans qui a tué, mercredi 19 février, à Hanau, en Allemagne, neuf personnes au cours de deux fusillades dans des bars à chicha. Si les similitudes sont frappantes entre ces deux tragédies dans des pays aux antipodes l’un de l’autre, il y a, cependant, une différence importante : l’attaque de Christchurch était sans précédent dans la paisible Nouvelle-Zélande, alors qu’en Allemagne, les violences meurtrières perpétrées par des personnes ou des groupes se disant ouvertement d’extrême droite se sont multipliées ces dernières années.

Alors que toute l’attention était fixée sur le terrorisme islamiste en Europe, les thèses extrémistes racistes ont insidieusement progressé dans la quasi-totalité des démocraties de l’Union européenne, sous le couvert d’opposition à l’immigration. Mais c’est en Allemagne qu’elles ont pris la forme la plus violente, nourrissant la folie d’individus et de groupuscules prêts à passer à l’acte pour s’en prendre physiquement aux immigrés, aux juifs et aux musulmans, ainsi qu’à ceux qui les défendent.

La chancelière Angela Merkel a raison de qualifier ce terrorisme de « poison » : la violence raciste semble s’être insinuée dans le corps social allemand et y progresser inexorablement. Après une série de meurtres d’immigrés dans les années 2000, il y a eu les chasses au musulman dans les rues de Chemnitz, dans l’ex-RDA, en 2018, puis l’assassinat, en 2019, de Walter Lübcke, responsable régional de la CDU, le parti de Mme Merkel, qui avait activement défendu l’accueil d’un million de réfugiés en 2015. L’attaque de la synagogue de Halle a suivi, en octobre 2019, chacun de ces épisodes marquant une nouvelle étape dans l’expression ou la cible de la violence raciste. Y a-t-il une spécificité allemande à ce fléau ? Les services de sécurité d’outre-Rhin ont été critiqués pour avoir sous-estimé l’ampleur de la violence xénophobe, voire pour s’être laissé infiltrer par les partisans des thèses néonazies. Longtemps à l’abri, en grande partie à cause de son histoire, de la montée des partis d’extrême droite présents dans d’autres pays comme la France, l’Allemagne est aujourd’hui profondément secouée par les succès électoraux et le discours radical d’AfD (Alternative für Deutschland), qui dispose de 92 députés au Bundestag depuis 2017. AfD est d’ailleurs le seul parti à avoir nié, jeudi, le caractère idéologique de la tuerie de Hanau, amenant le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Michael Roth (SPD), à qualifier ce parti de « bras politique du terrorisme d’extrême droite ». La mise en cause d’AfD ne peut suffire. Il faut rechercher en profondeur les raisons de la montée de l’extrême droite en Allemagne. Les autres partis et les responsables publics doivent aussi éviter toute complaisance et passer résolument à l’offensive. Le poison n’est pas nécessairement mortel : il se combat. Mais il faut pour cela de puissants antidotes.

4/ Koba LaD (France)

Koba LaD est au cœur d’une vive polémique !

La raison ? Son partage d’une capture d’écran d’un article qui indiquait « ce père tue son propre fils de 14 ans parce qu’il était gay, ‘Il préfère un fils mort qu’un fils gay’ ». Ce que le rappeur de 20 ans aurait commenté : « Bien joué ». De quoi choquer plusieurs internautes. Face aux accusations d’homophobie, l’artiste s’est rapidement défendu : « J’suis pas homophobe, essayez-pas de me coller cette étiquette », a-t-il lâché. « Qu’on soit clair, la famille : je ne cautionne pas le meurtre et je suis contre l’homophobie. On m’avait envoyé l’image d’un homme qui a tué son fils parce qu’il était gay. J’étais choqué parce que c’est une dinguerie, c’est pour ça que j’ai reposté. » Une polémique qui a pris énormément d’ampleur. L’interprète de R.R. 91 en collaboration avec Niska a finalement supprimé son post « quelques minutes après » : « J’ai réagi sans réfléchir, sans peser les mots et réaliser l’impact de cette capture. J’croyais pas qu’on allait penser que j’pouvais être ok avec ça ! ». Il finit par s’excuser : « Je suis vraiment désolé si j’ai blessé ou déçu des gens. Vivons tranquille tous ensemble, l’équipe, évitons toute polémique. Dieu pour tous ». Malgré les excuses, plusieurs festivals dans lesquels il devait se produire (We Love Green, Dour Festival, Main Square, Free Music, VYV…) ont décidé de le déprogrammer : « Les organisateurs du VYV Festival ont pris la décision de déprogrammer la venue de Koba LaD sur l’événement le 13 juin, à Dijon », « L’équipe de Belle Factory a pris la décision de déprogrammer la venue de Koba LaD au festival Freemusic le dimanche 21 juin, à Montendre », « Koba LaD ne se produira pas au Main Square 2020 », « Dour Festival a pris la décision hier de retirer Koba LaD de sa programmation ». De son coté, SOS Homophobie a pris la parole et s’est associée « à la vague d’indignation suite aux insinuations intolérables du rappeur Koba LaD, qui se réjouit du meurtre d’un jeune gay. Ses ‘excuses’ inappropriées et insuffisantes peinent à masquer l’homophobie décomplexée dont il a fait preuve… »

5/ Quaden, le petit Australien harcelé à l’école, a-t-il vraiment 9 ans ? (Océanie)

L’histoire de Quaden, un petit garçon de 9 ans atteint de nanisme harcelé à l’école, a fait le tour du monde. Dans une vidéo publiée par sa maman, Yarraka Bayles, on pouvait voir l’enfant en larmes réclamer une corde pour mettre fin à ses jours. Si l’affaire a permis de sensibiliser au harcèlement et de déclencher une énorme vague de soutien envers Quaden et sa famille, une rumeur est apparue sur les réseaux sociaux. Celle-ci voudrait que la famille ait arnaqué les internautes en mentant sur l’âge du garçon. Certains internautes prétendent en effet que Quaden aurait en réalité 18 ans, et pas 9. Selon les médias australiens, la rumeur a été lancée par une publication Facebook. Sur celle-ci, le garçon apparaît à une fête d’anniversaire derrière un grand « 18 » éclairé en rouge. La preuve, selon certains, que Quaden n’a pas 9 ans mais 18 ans, et que c’est un jeune homme qui se fait passer pour un enfant. En réalité, la photo de la prétendue fête d’anniversaire de Quaden a été prise lors des 18 ans de l’un de ses amis, Garlen. La mère de Quaden, Yarraka, a démenti ces rumeurs et a appuyé ses propos grâce à un post de Marianna Lopez Ortiz, qui affirme connaître Quaden Bayles depuis longtemps. « Oui, il a 9 ans ! Le nanisme n’est pas une blague », écrit-elle notamment. Yarraka était déjà apparue à la télévision australienne en 2015 pour dénoncer les moqueries dont était victime Quaden. Sur un extrait de l’émission « Studio 10 », on peut voir la maman, avec son fils alors âgé de 4 ans sur les genoux, raconter leur histoire.

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